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La psychose hallucinatoire chronique doit-elle disparaître ? Une revue historique

La psychose hallucinatoire chronique doit-elle disparaître ? Une revue historique Dès le début du XIXe siècle, tandis que se précisait la sémiologie des hallucinations (Esquirol, 1817 ; Baillarger, 1846), plusieurs aliénistes français ont décrit des formes de délires partiels caractérisés par des altérations perceptives : folie sensoriale (Lélut, 1836), monomanie sensoriale (Aubanel, Calmeil, 1839), délire des sensations (Michéa, 1851). D’autres ont noté que les hallucinations se manifestaient principalement dans les monomanies et les délires de possession religieuse (Brierre de Boismont, 1845 ; Baillarger, 1856). Magnan introduit en 1882 le concept de chronicité délirante. Mais, en raison de la prééminence des travaux sur la dégénérescence, la séparation nosologique entre délires de persécution (paranoïas) hallucinatoires et raisonnants (combinatoires) n’a lieu qu’à la fin du siècle (Falret, 1878 ; Mendel, 1883 ; Sérieux, 1890). Entre 1892 et 1900, J. Séglas différencie, au sein du premier groupe, persécutés hallucinés sensoriels et hallucinés moteurs (pseudo-hallucinés, persécutés-possédés), avec dissociation et dédoublement de la personnalité. En revanche, le terme de « psychose hallucinatoire chronique » (PHC) sert d’abord à désigner des cas d’hallucinations sans délire, comme synonyme d’hallucinose (Séglas et Cotard, 1908 ; Dide et Gassiot, 1910). G. Ballet l’utilise dans son sens actuel à partir de 1911, pour désigner les persécutés hallucinés de Séglas. Les élèves de ce dernier décrivent ensuite les « psychoses d’influence » (Lévy-Darras, 1914 ; Ceillier, 1924), bien moins connues de nos jours que les « psychoses à base d’automatisme » de Clérambault (1920-1926). Dans les années 1930, l’école de Claude remet en question la PHC (Ey, Nodet) à partir de la prévalence des idées délirantes sur les troubles perceptifs. Après 1945, presque toute la sémiologie des hallucinations se retrouve dans les « symptômes de premier rang » de la schizophrénie de K. Schneider, adoptés par la psychiatrie anglo-américaine. Quoique bannie du DSM-IV et de la CIM-10, des études contemporaines suggèrent que la PHC pourrait s’intégrer dans un ensemble syndromique élargi ou dans le groupe des « schizophrénies à début tardif ». http://www.deepdyve.com/assets/images/DeepDyve-Logo-lg.png PSN Springer Journals

La psychose hallucinatoire chronique doit-elle disparaître ? Une revue historique

PSN , Volume 5 (3) – Oct 9, 2007

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Publisher
Springer Journals
Copyright
Copyright © 2007 by Springer Verlag France
Subject
Medicine & Public Health; Behavioral Therapy ; Psychoanalysis ; Psychotherapy ; Psychopharmacology; Neuropsychology; Psychiatry
ISSN
1639-8319
eISSN
1955-2351
DOI
10.1007/s11836-007-0041-z
Publisher site
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Abstract

Dès le début du XIXe siècle, tandis que se précisait la sémiologie des hallucinations (Esquirol, 1817 ; Baillarger, 1846), plusieurs aliénistes français ont décrit des formes de délires partiels caractérisés par des altérations perceptives : folie sensoriale (Lélut, 1836), monomanie sensoriale (Aubanel, Calmeil, 1839), délire des sensations (Michéa, 1851). D’autres ont noté que les hallucinations se manifestaient principalement dans les monomanies et les délires de possession religieuse (Brierre de Boismont, 1845 ; Baillarger, 1856). Magnan introduit en 1882 le concept de chronicité délirante. Mais, en raison de la prééminence des travaux sur la dégénérescence, la séparation nosologique entre délires de persécution (paranoïas) hallucinatoires et raisonnants (combinatoires) n’a lieu qu’à la fin du siècle (Falret, 1878 ; Mendel, 1883 ; Sérieux, 1890). Entre 1892 et 1900, J. Séglas différencie, au sein du premier groupe, persécutés hallucinés sensoriels et hallucinés moteurs (pseudo-hallucinés, persécutés-possédés), avec dissociation et dédoublement de la personnalité. En revanche, le terme de « psychose hallucinatoire chronique » (PHC) sert d’abord à désigner des cas d’hallucinations sans délire, comme synonyme d’hallucinose (Séglas et Cotard, 1908 ; Dide et Gassiot, 1910). G. Ballet l’utilise dans son sens actuel à partir de 1911, pour désigner les persécutés hallucinés de Séglas. Les élèves de ce dernier décrivent ensuite les « psychoses d’influence » (Lévy-Darras, 1914 ; Ceillier, 1924), bien moins connues de nos jours que les « psychoses à base d’automatisme » de Clérambault (1920-1926). Dans les années 1930, l’école de Claude remet en question la PHC (Ey, Nodet) à partir de la prévalence des idées délirantes sur les troubles perceptifs. Après 1945, presque toute la sémiologie des hallucinations se retrouve dans les « symptômes de premier rang » de la schizophrénie de K. Schneider, adoptés par la psychiatrie anglo-américaine. Quoique bannie du DSM-IV et de la CIM-10, des études contemporaines suggèrent que la PHC pourrait s’intégrer dans un ensemble syndromique élargi ou dans le groupe des « schizophrénies à début tardif ».

Journal

PSNSpringer Journals

Published: Oct 9, 2007

References