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Action de quelques composés Naphtoquinoniques sur la tuberculose expérimentale.

Action de quelques composés Naphtoquinoniques sur la tuberculose expérimentale. (Laboratoires Vit'or S. A., Genève.) A c tio n d e q u e lq u e s c o m p o s é s N a p h t o q u in o n i q u e s s u r la tu b e r c u lo s e e x p é r im e n ta le . Par W. ALCALAY (avec la collaboration de J. Boarquin l). Nous avons décrit dans un précédent mémoire (1) un certain nombre de naphloquinones douées de propriétés bactérioslatiques remarquables. Comme le bacille de Koch se trouve parmi les germes sensibles, il nous a paru intéressant d'étudier l’activité de quelques dérivés typiques sur l'évolution de la tuberculose ex­ périmentale du cobaye. Les essais de chimiothérapie exigent du corps étudié une action antimicrobienne suffisante associée à une tolérance com­ patible. Parmi les nombreuses substances examinées dans ce sens, nous avons choisi la 2-oxy-3-chloro-naphtoquinone (1) et la 2-diméthylamino-3-cliloro-naphloquinone (II). Rappelons que (1) est isomorphe avec le phlhiocol (III). qui est un pigment oxydo- rédueteur isolé du bacille de Koch (2). II OH c h 3 A \ / \ / / \ / V | A o „ XC1 il 0 o h III \ A / oh Il II SOoNII. y » = IV Le tableau I montre que les substances I et II sont de puis­ sants inhibiteurs du développement microbien. 1 P o u r la partie histologique. Reçu le :i XII 1!)4<>. P atho lo g ie mut IJakteriolofiie, Vol. X, t ase, â (1ÍM7) A I c ¡i 1 a y , Action de quelques composés N aphtoquinoniqucs 5 0 2 TABLEAU I. Su b sl II Subsl. I 1 : 160 000 Mycobact. tuberculosis 1 : 20 000 80-160 000 Staph.aureus 20-40 000 B. Flexneñ 20- 80 000 8-10 000 E. Coli 10-20 000 40- 80 000 La 2-oxy-3-p-sulfamido-phényl-azo-naphtoquinone (IV), un sulfamidé nouveau (1) à propriétés oxydo-réduclrices, est peu active in vitro. L’essai de cette substance était toutefois intéres­ sant vu l’action faible mais manifeste de certains sulfamidés dans la tuberculose du cobaye (9. 10 et 14). T olérance. Les seuls composés naphtoquinoniqucs examinés jusqu'ici au point de vue tolérance sont les vitamines Kj et K2, le phthiocol (III), la 2-méthyl-naphtoquinone et ses dérivés (3.4). La toxicité marquée de ces substances a été attribuée à leur potentiel oxydo- réducteur élevé entraînant la formation de méthémoglobine2. Au cours de nos essais de triage, nous avons eu l'occasion d’examiner aussi d’autres naphtoquinones et d’établir certaines relations entre constitution chimique et toxicité : 1" L’effet toxique d’une naphtoquinone dépend davantage de ses substituants que de son potentiel d’oxydo-réduction. Les groupes sulfo-, par exemple, quoique élevant ce potentiel, aug­ mentent néanmoins la tolérance. Les oxy-quinones sont mieux tolérées que les amino-naphtoquinones, en dépit de leur potentiel d’oxydo-réduction plus élevé2. Toutefois, en comparant des subs­ tances à fonctions chimiques semblables (par exemple séries homologues), on constate que la toxicité s’élève parallèlement au potentiel oxydo-réducteur (formation de méthémoglobine). 2" Les quiñones arylaminées sont aussi toxiques que les dérivés d’amines aliphatiques. Un groupe amino fixé dans le noyau benzénique est en général moins toxique que dans la partie qui- nonique de la molécule. Pour les fonctions hvdroxyles, c’est le contraire qui s’observe. Les groupes ¡mino à caractères basiques confèrent à la substance une toxicité marquée pour le système nerveux central (crampes et convulsions). 3° Les groupes acides augmentent la tolérance. Ils accrois- • • La valeur de ces polenliels es! donnée par h'ieser (5). j>ur la tuberculose expérim entale 5 0 3 sent la solubilité du produit et accélèrent de cc fait son élimina­ tion rénale. 4° Le chlore fixé au noyau quinonique améliore la tolérance des oxy-naphloquinones en exaltant leur acidité. Dans le noyau benzénique par contre, il accroît fortement les propriétés toxiques. Le tableau II donne quelques exemples illustrant ces règles : TABLEAU IL Souris blanches de 16 à 23 g. Administration d'une seule dose par voie sous-cutanée (solutions aqueuses de sel de Na) ou intra-péritonéale (solutions huileuses; subst. 6 et 7). Dose Rem arques N° F o rm u le m axim um tolérée m g / k g 1 X = R 2 - H Aux doses toxiques : R t = O H 100—110 méthém oglobine R, = OII R , = Cl X = H idem 3 R, = 0 1 1 R j = Cl > 1500 X = S 0 3H (6)ou(7) 4 Rt = OH R j =11 comme (1) (sel de Iri X = Cl (6) 40 éthanol-am ine) 5 Rl = O H R î = H 100— 110 X = NH*(5) com me (1) 30— 40 6 Rt = N(CHg)2R2 - X H 7 R1 = N(CH3)2R, = C1X = H 40 8 Rt = OH R , = N IIjX = H S 400 9 r , = n i i -c 6h , c o o h (p) r 2 ci :X = 11 30—40 10 R, = NH-CeII,COOH (p) R2 = Cl > 300 X = S 0 3H (6 )ou(7) 11 5 convulsions 2-am ino-4-im ino-napthoquinone (chlorhydrate) R j = OH co 100 comme (1), en plus cram 12 Phlhiocol R| = CII3 pe« et convulsions X = H Nous compléterons le tableau p ar quelques données relatives aux substances I. II et IV : 411* 5 0 4 A l c a l a y, Action <lc quelques com posés N aphtoquinoniques Substance 1 (cobayes de 330-450 g.). Dose leíale Dose tolérée per os sous-cutanée Chaque chiffre est une moyenne d'au moins cinq essais. La dose totale a été administrée dans une demi-heure. Per os on donne la substance en suspension aqueuse, et par voie sous-cutanée sous forme de sel sodique en solution à 4 %. Cette dernière est irritante pour les tissus. A 1 % par contre, la 2-oxv-3-chIoro-naphtoquinonc est résorbée sans réaction, quelle que soit la voie parentérale. Elle n'irrite pas la conjonctive ocu­ laire du lapin, même après instillation prolongée. Aux doses toxiques, il y a formation de méthémoglobine et la mort survient par asphyxie. A l’autopsie les animaux présentent comme seules lésions des œdèmes pulmonaires peu marqués. Le lapin supporte 0.2 g./kg. par voie intra-veineuse. Chez l’homme on peut adminis­ trer en dragées glulinisées 1 g. à 1,2 g. de produit p a r jour pen­ dant plusieurs semaines de suite, sans produire des phénomènes d ’intolérance. La formule sanguine reste inchangée (homme et lapin). 2-dimétIujlamino-3-chloro-nu[)htoquinone (II). Le produit est peu soluble dans l'eau, mais soluble dans l'huile. La solution huileuse à 2 % est mal supportée par voie intra-musculaire (indurations). Elle est tolérée à 0.5-1 %. L'on­ guent à 2 % irrite la conjonctive oculaire de lapin. Dose létale : p. os 0.7 g./kg. (cobaye) intra-péritonéal 0.08 g./kg. (cobaye) Dose max. tolérée : per os 0,5 g./kg. (cobaye) 2-oxy-3-j>. siilfamido-phcnyl-azo-naphtoquinone IV La substance IV se dissout dans les alcalis, mais reprécipite à p H < 8,5. Les solutions alcalines s’altèrent assez rapidement Le sel de Na est beaucoup mieux toléré que celui de triéthanol- amine. Doses tolérées : 1000 mg./kg. sous-cutané (souris). (Sel de Na) > 1 g./kg. per os (cobaye). Doses létales: ~ 1,5 g./kg. sous-cutané (souris). su r la tuberculose expérim entale 5 0 5 Elimination. La 2-oxy-3-chIoro-naphtoquinone (I) passe 1res rapidement dans le sang. Elle est retrouvée en grande partie inaltérée dans les urines où elle apparaît 10 minutes, 30 minutes et 90 minutes après l'administration intra-veineuse, sous-cutanée ou orale. L'urine colorée en rouge brun acquiert de ce fait des propriétés bactériostatiques non négligeables. La quinone peut être isolée comme suit : l'urine acidifiée (HCl conc.) est extraite plusieurs fois à l'éther. La solution étliérée jaune est traitée par NaOIl à 2 %, qui lui retire la substance en devenant rouge. P ar acidifica­ tion (IICI 5N) on obtient un précipité de 2-oxv-3-chloro-naphto- quinone facile à identifier. Après l'administration orale de 2-diméthyl-amino-3-chloro- naphtoquinone (II), on retrouve dans les urines un corps acide contenant le noyau quinonique du produit primitif avec ses substituants non altérés. La nature du groupement acide introduit par l’organisme n’a pas été déterminée. Les autres composés naphtoquinoniques examinés (tableau II) sont également éliminés sous forme de produits quinoniques. Action sur la tuberculose expérimentale du cobaye. 32 cobayes son! répartis en -1 groupes de 8 animaux chacun, A, R, C et T. de même composition pondérale. On inocule tous les animaux sous la peau de la cuisse gauche avec 0,0001 mg. de bacilles de Kocli humains 3 provenant d’une culture sur milieu de Santon, âgée de 50 jours (bacilles séchés pendant 90 minutes entre papiers filtres stériles et dissociés au mortier d’agathe. Dilutions successives dans du NaCl 9%o). Traitement : Dès le troisième jour après inoculation, on administre per os aux animaux du groupe A la substance I sous forme de sel sodique en solution à 2 % et aux animaux du groupe R une suspension aqueuse à 2 % de 2-diinéthylamino-3-chloro- naphloquinone (II). Les cobayes du groupe C reçoivent une sus­ pension à 2 % de substance IV finement pulvérisée. Le groupe T non traité sert de témoin. On donne aux groupes A. R et C 0,01 g. de substance 2 fois par jour, Après cinq semaines on intercale une semaine de repos. Le 3 Souche V. 1 de l'In s titu t (l'anatom ie pathologique de Bâle; due à l'obli­ geance du Professeur Poulet. 5 0 6 A I c a t a y , Action <lc quelques "c&inposés N aphloquinoniques traitement est ensuite repris de la même manière et entrecoupé toutes les trois semaines d ’une semaine de repos. 1,96 g. de substance ont ainsi été absorbés au total par cobaye traité jusqu’au 119e jour. Le traitement est ensuite arrêté et les animaux survivants sont sacrifiés et autopsiés le 200e jour. Au cours de l'expérience, le poids des animaux est noté ré­ gulièrement de semaine en semaine. On constate une cachexie croissante chez les témoins et la plupart des animaux du groupe B. Chez (A) et (C), par contre, l’état général reste excellent pen­ dant toute la période de traitement. La tuméfaction ganglionnaire dans la région inguinale est aussi plus tardive que chez les té­ moins. Dès la troisième semaine, tous les animaux inoculés réagis­ sent à la tuberculine (0,1 cc. de tuberculine ancienne de Koch, par voie intradermique). Nous résumons les résultats dans les tableaux suivants : TABLEAU III. Différence roupe Poids moyens au début de à la On de l’expérience l’expérience + 88.6 g. A 819.4 g. 408 g. B 307,2 — 3.4 310,6 C 428.3 - f 92.7 335,6 T 307.5 — 7,5 On constate que les animaux des groupes A et C présentent une augmentation notable du poids moyen, tandis que celui des autres groupes reste stationnaire. Les groupes A et C présentent un maximum de poids vers la fin du traitement. Ce n ’est qu’après arrêt de la médication que le poids moyen a commencé à baisser pour atteindre au bout des 80 jours restants (sans traitement) les chiffres du tableau III. Les résultats auraient peut-être été meil­ leurs si le traitement avait été continué jusqu'à la fin de l'expé­ rience. Durées de vie. Le tableau IV indique qu’au 200e jour la vie moyenne des groupes A et C dépassait de 75 et 81 jours celle du groupe témoin. Avec la substance II (groupe B) on obtient une survie de 50 jours. Le calcul selon H. A. Fisher (6) montre que cet écart sur la lubeKSWbse expérim entale 5 0 7 ne dépasse pas la limite d'erreifrs \ Il s’ensuit que II doit être con­ sidérée comme pratiquement inactive. Il faut dire, toutefois, qu'avec ces moyennes, comprenant la durée de vie d'animaux sacrifiés, les groupes traités A, B cl surtout G sont plus sévèrement j u g é s q u e l e s t é m o i n s . T A B L E A l ' IV . Durée (le vie en jours. Cobayes G roupe A (îro u p e U Groupe G Groupe T N ° 1 2 0 0 * 152 2 0 0 * 1 3 8 170 178 2 0 0 * 3 4 3 ISO 2 0 0 * 2 0 0 * 4 2 0 0 * 117 2 0 0 * 153 5 108 1 0 8 2 0 0 * ()5 134 144 150 112 7 122 2 0 0 * 2 0 0 * 2 0 0 * 8 2 0 0 * 2 0 0 * 150 4 3 182 157 188 107 M o y e n n e S u r v i e ( - d) 75 5 0 81 — • 2 3 .0 4 2 5 .1 4 2 2 ,4 3 "d 1 3 .1 8 1 .9 9 3 ,0 1 * Animaux sacrifiés au 20()<' jour. Il esl intéressant d'examiner la mortalité en fonction du temps dans les périodes pré- et post-médicamenteuses (voir gra­ phique) : Au cours de la période de traitement on enregistre un décès dans le groupe B et 5 décès chez les témoins. Les groupes A et G dont l'état général reste excellent ne perdent aucun animal. Les deux derniers mois de l'expérience (sans traitement) donnent 4 Supposons <jue 2 séries d'observations fournissent tes valeurs : x, x^, — 1 m , — 1 ", ... x et vi v-,... v avec les m ovenues x Aix) et y A'iv). I.'erre u r m . • . - . U - ni | il | q u a d ra tiq u e m oyenne de la différence x—y est définie p ar r.^ = ' • ï 1 moY -f- no où ox et o v rep résen ten t les erreu rs q u ad ra tiq u es m oyennes de mn — — , | m _ , J n _ x et de v, tel que n = A'(x—x)s et n, A iv v)s ■ N m f n = n o m b re •s m | > n | ‘ to tal des m esures. La différence d x — y peut être considérée com m e signi- ticative, c'est-ù-dire in d ép en d an te du liasard lorsque l = est plus grand 'd ou égal à 2,à. A 1 c a I a y , Action de quelques composés N aplitoquinoniques 5 0 8 N om bre Arrêt du d ’anim aux vivants traitem ent encore 2 décès pour les témoins, quatre pour le groupe A, cinq décès pour B et deux décès seulement pour Il reste à la fin de l'expérience un certain nombre de survivants répartis comme suit : Groupe A : 4 cobayes sur 8 B : 2 C : 6 » T : 1 » Ces chiffres démontrent une activité nette des substances I et IV. L’effet protecteur des substances I (et II) semble coïncider avec la période de traitement. La substance IV, par contre, confère une certaine résistance, même après ce délai. Résultats d ’autopsies. Les autopsies ont été faites à mesure qu'un animal succom­ bait, donc à des époques très différentes. Or. la dissémination des lésions est en général d'autant plus grande que l'animal vil plus longtemps. Il en résulte que le critère anatomo-pathologique sera plus sévère pour nos cobayes traités que pour les témoins à vie plus courte. C’est peut-être la raison pour laquelle il n'a pas été possible de constater des différences plus nettes entre le groupe A et les témoins. Le groupe C, toutefois, se distingue nette­ ment. sur la tuberculose cxpérim enlale r.ov» (lroii[>cs A et B : Dans l'ensemble, les animaux de ces groupes présentent des lésions qui ressemblent à celles des témoins : forte tuméfaction des ganglions inguinaux, iliaques, péri-portaux et trachéo-bronchiques, avec caséification plus ou moins étendue. Le foie et la rate, augmentés de volume, présentent des lésions caséeuses, mais moins nombreuses et moins confluentes pour le groupe A. Les poumons sont tous porteurs de nombreux tuber­ cules gris blanchfdre à centre plus ou moins ramolli. Groupe C : Dans cette série on observe parfois une énorme tuméfaction ganglionnaire, dépassant dans certains cas celle des témoins. Mais, fait important, la caséification est moins avancée. On compte, en effet, un certain nombre d'animaux à ganglions péri-portaux et trachéo-bronchiques fibreux non caséifiés. D'au­ tres ganglions partiellement caséifiés sont également entourés d une gaine fibreuse. Le foie et la rate présentent des lésions beaucoup moins nombreuses, et chez 4 animaux on observe même des organes macroscopiquement intacts. P ar contre, tous les co­ bayes ont les poumons atteints. Mais ici. également, les tubercules sont moins nombreux et plus petits que chez les témoins. Histologie. Tous les animaux ont été examinés, ('.liez les cobayes traités — séries A et surtout G — l'étendue des lésions est beaucoup plus réduite que chez les cobayes témoins. Le caractère des lésions — de la lésion tuberculeuse plus spécialement — est modi­ fié. Si l’on prend, par exemple, la rate, on voit chez les témoins des tubercules dont le centre est caséifié par places, il y a des cellules géantes de Langhans, et à la périphérie des cellules épi­ thélioïdes et une couronne de cellules lymphocytaires. L'image du tubercule du cobaye traité G et dans une certaine mesure A se limite à la couronne lymphocytaire et aux cellules épithélio­ ïdes. Les cellules géantes de Langhans manquent, mais il y a, par places, des cellules é deux ou trois noyaux analogues à ceux des cellules épithélioïdes : ces cellules géantes ressemblent un peu aux cellules de Sternberg. A la place de caséification on voit quelques noyaux pycnotktues et de rares polynucléaires. A l'im­ mersion il y a cependant quelques rares bacilles de Koch longs et granulaires. Les tubercules n'ont pas de tendance à la confluence Ils sont souvent cicatrisés et les organes paraissent supporter ces éléments sans grand dommage. Dans le poumon des témoins on observe de larges foyers de A I c ¡1 ! ¡1 y , At lion tic quelques compost's N ’apliloquinoiliqucs 5 10 broncho-pneumonie tuberculeuse. Les séries A et C forment des tubercules atypiques — sans caséification — bien tolérés. Les ganglions lymphatiques de ces mêmes séries ne sont que partielle­ ment détruits et s’entourent d une coque fibreuse, ce que les té­ moins ne parviennent pas fi faire. Du foie qui présente les mêmes lésions que les autres parenchymes, on peut encore dire qu’il Fig. I. Raie tic Cobaye traité C 5. Nodule tuberculeux sans caséification, sans cellules géantes, constitué au centre de cellules épithélioïdes. Hématoxyline- éosine, 120 X- Fig. ■ '!. Cobaye traité C 2, poumon. Nodule tuberculeux com prenant uniquem ent des cellules épithélioïdes cl une Fig. 2. Raie du cobaye témoin T l . couronne lym phocytaire, sans I.arge nécrose caséeuse du p a re n ­ caséification ni cellules gé­ chym e splénique. Hémaloxvline- antes de Ltmghnns. Ilém.- éosine. 120 X . éosine. 120 X- ' X OE I ■««¡so? -■in.» J I 'SB.U.UIBd II P 0 ||>0j | - ; I s.i.»i i i> o j i o i m u u i 8 | j m u o i | X Oôl - c j | | ! j u i o p i s d l u i;| >|» o s i n u n i u s o o - 'u i . i ] i 'o j j o q d u . i d i:| b o g s is ip is - o p s u o i p u o j a p s e d « a u •l|)!O I|d u iA | IISSII >)'| 'lll|I IA t| \ l l . ) . l l | | | H 'DSI MASK.) O) IIO J II.» |li|J O ll iis s ü li|> J tid o a u p l m a j |s.» i i o i | 8 ii b 8 -i.io d onI»|iBi|diuA "i ii o | | 8 u k ;) u p o j j u o a o '] ‘ 11 : i .1 o d - 1.1 11 o n i» !|i!i|d u i.< | ■ i J , IU0U13I a A iît|0 ’ j • / C i./ l l ( ) ||8 lli:r) •()•) 3 |I B J | OABf(O') ■ < ) 7 ¡I./ ‘X Oôl ‘ainsoo -■ m on f '<'¡.■1 ooAU 'J-.) •* s a n liid - ajiï » xn,»|ii.»jj<|ii| s .)|n p o ii no ‘X O r.l ‘oiiisoo- iiioij a t |o u a 8 ii|d a un p n o i|iu i lit: x n .ii *OJIB|OOA|B-BJ| Il I OloBI|.UOIll,)l| |.» 0.11 B| II.» •o|;»s’ jo .» s o i|u io ji|i iibossu: \ "ï ; ) -SBA 0S8 JS ‘osn|i!p .» siio |ii.)jo < |ii| .»|nomn o u d oiibji a.ÎBqoo op iioum o(| o ß i . / -o t|o u o jj| ' ç x iijomoi ap uouiiio,! J 7»/./ o |B H i.;u n j.» d x o o s o |ii .» j .i i |i i | B| j u s H Ç A I c a l a y , Action de quelques composés N ap hto q u in o n i q u es r» 12 /•'(';/. S. Cobaye traité C 6. Foie, n o ­ dules tuberculeux atypiques sans caséification et sans cellules gé­ antes, Hém.-éosine 120 X - montre une dégénérescence graisseuse plus marquée chez le traité que chez le témoin. En résumé, on peut dire que le traitement, avec la substance IV spécialement, semble donner à l'organisme le moyen de se défendre efficacement, et particulièrement d’empêcher la caséi­ fication et les lésions confluentes qui en découlent. La survie des animaux traités par rapport aux témoins, chiffre qui est notre principal critère d'appréciation, permet de conclure à une activité tuherculoslalique in vivo de deux com­ posés naphtoquinoniques examinés. Les variations de poids, les autopsies, les examens histologiques, confirment ces résultats et permettent de classer nos produits par ordre d’activité (décrois­ sante) : 1" 2-oxy-3-p-sulfamidophényI-azo-Naphtoquinone (subst. IV. groupe G). 2° 2-oxy-3-Chloro-Naphtoquinone (subst. I. groupe A). 3° 2-diméthylamino-3-ChIoro-naphtoquinone (subst.lt, gr. B) : in­ active ou peu active. Ainsi, les subst. I et R', quoique inférieures dans le test in vitro, se sont montrées in vivo supérieures à la substance II. sur la tuberculose expérim entale 5 1 3 Tuberculose intru-oculuire de l<ij>iu (rapport préliminaire). a) Essai préventif. 2 lapins reçoivent dans la chambre antérieure de l’œil gauche 0,2 cc. d'une suspension de bacilles tuberculeux bovins (souche « Vallée »), titrant 4-0 éléments par champs. Alors qu'un des lapins est gardé comme témoin, l’autre esl soumis, dès le premier jour après inoculation, au traitement suivant : 1° 3-4 instillations par jour sur l’œil d ’une solution à 1 % du sel sodique de la 2-oxy-3-chloro-naphtoquinone (subst. I). 2" Une injection sous-conjonctivale de la même solution (0.2 cc.) tous les trois jours (anesthésie préalable à la Diocaïne). 3" Une injection sous-cutanée quotidienne de 4 cc. de la même solution à 1 %. Toutes les trois semaines, ces injections sont interrompues pendant une semaine. On arrête tout traitement après 90 jours. 40 jours après inoculation, le témoin fait une brusque in­ flammation tuberculeuse de l'iris. L’animal traité est resté sain définitivement (examen une année après inoculation). b) Essai curatif. Le témoin de l'essai précédent fut soumis dès le premier jour de sa maladie au traitement décrit dans l'essai préventif. Il n'a pas été possible d'arrêter la marche de l'infection. On assiste suc­ cessivement à la formation de tubercules de plus en plus nom­ breux sur l'iris. La cornée s’ulcère à son tour et la chambre an ­ térieure s'emplit d'un pus qui bientôt se fraie un chemin à travers de nombreuses fistules. Ce processus a duré environ quatre mois, après quoi l'œil complètement tuméfié fut enlevé pour examen histologique (anesthésie à l'éther). A la coupe, on rencontre de nombreux bacilles anormalement longs, granulaires, et apparem­ ment modifiés. Discussion. L'activité tuberculoslatique in vivo de la 2-oxy-3-chIoro- naphtoquinone (1) peut être interprétée principalement par son pouvoir baclériostatique. Il faut toutefois envisager aussi une ac lion biochimique de celte substance sur l'hôte, telle que parlici palion à certains processus oxydo-réducteurs, stimulation ou in ­ hibition de fonctions enzymatiques, etc., effets pouvant se tra ­ duire par une résistance accrue de l’organisme. Meunier, Mentzer et Buu-Hoï (7) ont constaté que I provoque une légère augmen­ tation du temps de prothrombine et ils considèrent la 2-oxy-3 5 1 4 A l c a l a y , Action de quelques composés N aphloquinoniqucs chloro-naphtoquinone comme une antivitamine K. Cependant, le corps I ne semble pas pouvoir jouer le rôle d’antivilamine chez les bacilles acido-résistants (1) qui sont riches en facteur K ; aussi faut-il chercher ailleurs le mécanisme chimiothérapeutique de notre substance. Signalons que Sclwnhôfer (8) a relevé l'importance des niveaux d'oxydation quinoniques pour l’action antimalarique des dérivés de la quinoléine. Une étude systématique de composés quinoniques ne serait donc point dépourvue d'intérêt. La substance IV, nettement active à 20 mg. p ar jour, est à la fois une naphtoquinone et un dérivé azolque sulfamidé. Elle est de ce fait apparentée aux Prontosils. Notons que K. Birkhaug (14) obtint avec seulement 5-25 mg. de Prontosil sol. p ar jour une ac­ tion remarquable chez le cobaye tuberculeux. Créé y et coll. (15) n’ont pu confirmer ce résultat, sans doute à cause de conditions expérimentales inadéquates (infection massive et traitement aux doses toxiques). Trefouël, Nitti et Bovet (16) ont montré dès 1935 que les azoïques sulfamidés subissent une réduction dans l’organisme avec formation de sulfanilamide qui constitue le noyau actif du médicament. Dans noire cas, la transformation se déroulerait se­ lon le schéma suivant : 20 mg. de substance IV donnent ainsi au maximum 9,5 mg. de sulfanilamide A' par jour. Or d’après Rich et Fol lis, confirmés par d’autres auteurs (9), il en faudrait 200-300 mg. au moins pour inhiber l’évolution tuberculeuse chez le cobaye. D'autres sulfami­ dés (p. ex. Sulfathiazol, 12) et sulfones telles que Promine (11), Diasone (12) et Promisole (13) — corps comptant parmi les plus actifs connus — n ’agissent également qu’à doses massives. L'ac­ tivité du corps IV ne peut donc être interprétée exclusivement par la libération in vivo de sulfanilamide selon le schéma indiqué. D'autres facteurs propres au colorant doivent donc inter­ venir, et à cet égard, les travaux de Levuditi et coll. nous pa­ raissent particulièrement intéressants. sur la tuberculose expérim entale Cet auteur a montré (17) que les Prontosils s'accumulent électivement dans les loyers inflammatoires et dans le système réticulo-endothélial. C’est là qu'ils subissent la réduction en sul­ fanilamide. Les azoïques sulfamidés agissent de la sorte comme véhicule de la substance active, réalisant ainsi un contact particulièrement intime avec l'agent infectieux. Ces faits expliquent qu'à doses équimoléculaires certains de ces azoïques sont plus efficaces dans la streptococcie de la souris que la sulfanilamide dont ils dé­ rivent (18). 11 faut attribuer à un mécanisme analogue l'activité des azo- sulfamidés dans la tuberculose expérimentale : De Witt (19), Lewis (20), etc., ont montré que d'autres colo­ rants azoïques. tels que le Bleu et le Rouge de Trypan. possèdent l'aptitude de pénétrer profondément à l'intérieur du tubercule, propriété qui permit à Bowman, Winternil: et Evans (21) de suivre l’histogénèse du follicule tuberculeux. 11 est fort probable que les azoïques sulfamidés se comportent de la même façon (17). Le tubercule étant par ailleurs le siège d’une forte activité réduc­ trice (19. 22), on conçoit qu'il pourrait y avoir naissance de sulfanilamide au sein même de la lésion tuberculeuse. Il en ré­ sulterait une action plus efficace sur le bacille de Koch dont la sensibilité in vitro est démontrée (23). La substance engendrée à côté de la sulfanilamide dans la réduction de l’azoïque peut également avoir son importance. Dans notre cas il se formerait la 2-oxy-3-amino-naphloquinone VI qui constitue avec son leucodérivé VII un système oxydo-réducteur réversible. La substance 1 montre que des composés de ce type peuvent avoir à eux seuls des propriétés tuberculostatiques, d'où la possibilité d'effets svnergétiques. En effet, dans le cas de la substance IV’, trois corps pourraient agir simultanément : a) la sulfanilamide, b) la 2-oxy-3-amino-naphloquinone VI et c) le colorant IV non transformé. En variant la constitution de ce dernier, nous espérons augmenter son affinité pour les tissus tuberculeux d ’une part, et l'action bactériostatique de ses consti­ tuants d'autre part. C'est dans ce sens que nos recherches sont poursuivies. Résumé. 1° La toxicité d'une série de naphtoquinones a été étudiée dans ses rapports avec la constitution chimique. 2" L ’activité chimiolhérapeutique de trois composés naphto- 51(1 A le. a l a y . Action tie quelques composés N aphtoquinoniques quinoniques a eie examinee dans l'infection Uiherculeu.se experi- mentale. Zusammenfassung. Der Autor untersuchte die Toxicität einer Reihe von N'aphlo- chinonen in Beziehung zu deren chemischen Konstitution sowie die chemotherapeutische Wirkung von 3 Präparaten auf die ex­ perimentelle Tuberkulose. S u m m a r y . T h e t o x i c i t y o f a s e r i e s o f n a p h t h o q u i n o n e s in r e l a t i o n to t h e i r c h e m i c a l c o n s t i t u t i o n w a s s t u d i e d . T h e c h e m o t h e r a p e u t i c a c t i o n o f t h r e e o f t h e m a g a i n s t e x p e r i m e n t a l t u b e r c u l o s i s w a s i n v e s t i g a t e d . R i a s s u n t o . L 'a u t o r e h a s t u d i a t o la t o s s i c i t à d i u n a s e r i e d i n a f 't o - c h i n o n i in r a p p o r t o c o n l a c o s t i t u z i o n e c h i m i c a e l ’e f f i c a c i a c h e m i o - t e r a p i c a d i 3 p r e p a r a t i s u l l a t u h e r c u l o s i s p e r i m e n t a l e . B i b l i o g r a p h i e . I. W. Alcalay, Selnv. Z. Pathol. linkt., 10, 229 (1947). — 2. It. I ■ Anderson cl coll., J. Biol. Cliem. 101, 773 (1933) ; J. Am. Chcm. Soc. 58, 636 (1936). — 3. II.M o lito r et II. S. R obinson, Proc. Soc. exp. Biol. Med. A3, 125 (1940). — 4, K. F rom herz, Z. V itaininforschg. I I. 65 (1941). — 5. L. F. Fieser, J. Am. Cliem. Soc. AG, 1858 (1924) ; 56, 1568 (1934) ; 57. 491 (1935). 6. It. A. Fisher. 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Action de quelques composés Naphtoquinoniques sur la tuberculose expérimentale.

Pathobiology , Volume 10 (5): 16 – Jan 1, 1947

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Publisher
Karger
Copyright
© 1947 S. Karger AG, Basel
ISSN
1015-2008
eISSN
1423-0291
DOI
10.1159/000159657
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Abstract

(Laboratoires Vit'or S. A., Genève.) A c tio n d e q u e lq u e s c o m p o s é s N a p h t o q u in o n i q u e s s u r la tu b e r c u lo s e e x p é r im e n ta le . Par W. ALCALAY (avec la collaboration de J. Boarquin l). Nous avons décrit dans un précédent mémoire (1) un certain nombre de naphloquinones douées de propriétés bactérioslatiques remarquables. Comme le bacille de Koch se trouve parmi les germes sensibles, il nous a paru intéressant d'étudier l’activité de quelques dérivés typiques sur l'évolution de la tuberculose ex­ périmentale du cobaye. Les essais de chimiothérapie exigent du corps étudié une action antimicrobienne suffisante associée à une tolérance com­ patible. Parmi les nombreuses substances examinées dans ce sens, nous avons choisi la 2-oxy-3-chloro-naphtoquinone (1) et la 2-diméthylamino-3-cliloro-naphloquinone (II). Rappelons que (1) est isomorphe avec le phlhiocol (III). qui est un pigment oxydo- rédueteur isolé du bacille de Koch (2). II OH c h 3 A \ / \ / / \ / V | A o „ XC1 il 0 o h III \ A / oh Il II SOoNII. y » = IV Le tableau I montre que les substances I et II sont de puis­ sants inhibiteurs du développement microbien. 1 P o u r la partie histologique. Reçu le :i XII 1!)4<>. P atho lo g ie mut IJakteriolofiie, Vol. X, t ase, â (1ÍM7) A I c ¡i 1 a y , Action de quelques composés N aphtoquinoniqucs 5 0 2 TABLEAU I. Su b sl II Subsl. I 1 : 160 000 Mycobact. tuberculosis 1 : 20 000 80-160 000 Staph.aureus 20-40 000 B. Flexneñ 20- 80 000 8-10 000 E. Coli 10-20 000 40- 80 000 La 2-oxy-3-p-sulfamido-phényl-azo-naphtoquinone (IV), un sulfamidé nouveau (1) à propriétés oxydo-réduclrices, est peu active in vitro. L’essai de cette substance était toutefois intéres­ sant vu l’action faible mais manifeste de certains sulfamidés dans la tuberculose du cobaye (9. 10 et 14). T olérance. Les seuls composés naphtoquinoniqucs examinés jusqu'ici au point de vue tolérance sont les vitamines Kj et K2, le phthiocol (III), la 2-méthyl-naphtoquinone et ses dérivés (3.4). La toxicité marquée de ces substances a été attribuée à leur potentiel oxydo- réducteur élevé entraînant la formation de méthémoglobine2. Au cours de nos essais de triage, nous avons eu l'occasion d’examiner aussi d’autres naphtoquinones et d’établir certaines relations entre constitution chimique et toxicité : 1" L’effet toxique d’une naphtoquinone dépend davantage de ses substituants que de son potentiel d’oxydo-réduction. Les groupes sulfo-, par exemple, quoique élevant ce potentiel, aug­ mentent néanmoins la tolérance. Les oxy-quinones sont mieux tolérées que les amino-naphtoquinones, en dépit de leur potentiel d’oxydo-réduction plus élevé2. Toutefois, en comparant des subs­ tances à fonctions chimiques semblables (par exemple séries homologues), on constate que la toxicité s’élève parallèlement au potentiel oxydo-réducteur (formation de méthémoglobine). 2" Les quiñones arylaminées sont aussi toxiques que les dérivés d’amines aliphatiques. Un groupe amino fixé dans le noyau benzénique est en général moins toxique que dans la partie qui- nonique de la molécule. Pour les fonctions hvdroxyles, c’est le contraire qui s’observe. Les groupes ¡mino à caractères basiques confèrent à la substance une toxicité marquée pour le système nerveux central (crampes et convulsions). 3° Les groupes acides augmentent la tolérance. Ils accrois- • • La valeur de ces polenliels es! donnée par h'ieser (5). j>ur la tuberculose expérim entale 5 0 3 sent la solubilité du produit et accélèrent de cc fait son élimina­ tion rénale. 4° Le chlore fixé au noyau quinonique améliore la tolérance des oxy-naphloquinones en exaltant leur acidité. Dans le noyau benzénique par contre, il accroît fortement les propriétés toxiques. Le tableau II donne quelques exemples illustrant ces règles : TABLEAU IL Souris blanches de 16 à 23 g. Administration d'une seule dose par voie sous-cutanée (solutions aqueuses de sel de Na) ou intra-péritonéale (solutions huileuses; subst. 6 et 7). Dose Rem arques N° F o rm u le m axim um tolérée m g / k g 1 X = R 2 - H Aux doses toxiques : R t = O H 100—110 méthém oglobine R, = OII R , = Cl X = H idem 3 R, = 0 1 1 R j = Cl > 1500 X = S 0 3H (6)ou(7) 4 Rt = OH R j =11 comme (1) (sel de Iri X = Cl (6) 40 éthanol-am ine) 5 Rl = O H R î = H 100— 110 X = NH*(5) com me (1) 30— 40 6 Rt = N(CHg)2R2 - X H 7 R1 = N(CH3)2R, = C1X = H 40 8 Rt = OH R , = N IIjX = H S 400 9 r , = n i i -c 6h , c o o h (p) r 2 ci :X = 11 30—40 10 R, = NH-CeII,COOH (p) R2 = Cl > 300 X = S 0 3H (6 )ou(7) 11 5 convulsions 2-am ino-4-im ino-napthoquinone (chlorhydrate) R j = OH co 100 comme (1), en plus cram 12 Phlhiocol R| = CII3 pe« et convulsions X = H Nous compléterons le tableau p ar quelques données relatives aux substances I. II et IV : 411* 5 0 4 A l c a l a y, Action <lc quelques com posés N aphtoquinoniques Substance 1 (cobayes de 330-450 g.). Dose leíale Dose tolérée per os sous-cutanée Chaque chiffre est une moyenne d'au moins cinq essais. La dose totale a été administrée dans une demi-heure. Per os on donne la substance en suspension aqueuse, et par voie sous-cutanée sous forme de sel sodique en solution à 4 %. Cette dernière est irritante pour les tissus. A 1 % par contre, la 2-oxv-3-chIoro-naphtoquinonc est résorbée sans réaction, quelle que soit la voie parentérale. Elle n'irrite pas la conjonctive ocu­ laire du lapin, même après instillation prolongée. Aux doses toxiques, il y a formation de méthémoglobine et la mort survient par asphyxie. A l’autopsie les animaux présentent comme seules lésions des œdèmes pulmonaires peu marqués. Le lapin supporte 0.2 g./kg. par voie intra-veineuse. Chez l’homme on peut adminis­ trer en dragées glulinisées 1 g. à 1,2 g. de produit p a r jour pen­ dant plusieurs semaines de suite, sans produire des phénomènes d ’intolérance. La formule sanguine reste inchangée (homme et lapin). 2-dimétIujlamino-3-chloro-nu[)htoquinone (II). Le produit est peu soluble dans l'eau, mais soluble dans l'huile. La solution huileuse à 2 % est mal supportée par voie intra-musculaire (indurations). Elle est tolérée à 0.5-1 %. L'on­ guent à 2 % irrite la conjonctive oculaire de lapin. Dose létale : p. os 0.7 g./kg. (cobaye) intra-péritonéal 0.08 g./kg. (cobaye) Dose max. tolérée : per os 0,5 g./kg. (cobaye) 2-oxy-3-j>. siilfamido-phcnyl-azo-naphtoquinone IV La substance IV se dissout dans les alcalis, mais reprécipite à p H < 8,5. Les solutions alcalines s’altèrent assez rapidement Le sel de Na est beaucoup mieux toléré que celui de triéthanol- amine. Doses tolérées : 1000 mg./kg. sous-cutané (souris). (Sel de Na) > 1 g./kg. per os (cobaye). Doses létales: ~ 1,5 g./kg. sous-cutané (souris). su r la tuberculose expérim entale 5 0 5 Elimination. La 2-oxy-3-chIoro-naphtoquinone (I) passe 1res rapidement dans le sang. Elle est retrouvée en grande partie inaltérée dans les urines où elle apparaît 10 minutes, 30 minutes et 90 minutes après l'administration intra-veineuse, sous-cutanée ou orale. L'urine colorée en rouge brun acquiert de ce fait des propriétés bactériostatiques non négligeables. La quinone peut être isolée comme suit : l'urine acidifiée (HCl conc.) est extraite plusieurs fois à l'éther. La solution étliérée jaune est traitée par NaOIl à 2 %, qui lui retire la substance en devenant rouge. P ar acidifica­ tion (IICI 5N) on obtient un précipité de 2-oxv-3-chloro-naphto- quinone facile à identifier. Après l'administration orale de 2-diméthyl-amino-3-chloro- naphtoquinone (II), on retrouve dans les urines un corps acide contenant le noyau quinonique du produit primitif avec ses substituants non altérés. La nature du groupement acide introduit par l’organisme n’a pas été déterminée. Les autres composés naphtoquinoniques examinés (tableau II) sont également éliminés sous forme de produits quinoniques. Action sur la tuberculose expérimentale du cobaye. 32 cobayes son! répartis en -1 groupes de 8 animaux chacun, A, R, C et T. de même composition pondérale. On inocule tous les animaux sous la peau de la cuisse gauche avec 0,0001 mg. de bacilles de Kocli humains 3 provenant d’une culture sur milieu de Santon, âgée de 50 jours (bacilles séchés pendant 90 minutes entre papiers filtres stériles et dissociés au mortier d’agathe. Dilutions successives dans du NaCl 9%o). Traitement : Dès le troisième jour après inoculation, on administre per os aux animaux du groupe A la substance I sous forme de sel sodique en solution à 2 % et aux animaux du groupe R une suspension aqueuse à 2 % de 2-diinéthylamino-3-chloro- naphloquinone (II). Les cobayes du groupe C reçoivent une sus­ pension à 2 % de substance IV finement pulvérisée. Le groupe T non traité sert de témoin. On donne aux groupes A. R et C 0,01 g. de substance 2 fois par jour, Après cinq semaines on intercale une semaine de repos. Le 3 Souche V. 1 de l'In s titu t (l'anatom ie pathologique de Bâle; due à l'obli­ geance du Professeur Poulet. 5 0 6 A I c a t a y , Action <lc quelques "c&inposés N aphloquinoniques traitement est ensuite repris de la même manière et entrecoupé toutes les trois semaines d ’une semaine de repos. 1,96 g. de substance ont ainsi été absorbés au total par cobaye traité jusqu’au 119e jour. Le traitement est ensuite arrêté et les animaux survivants sont sacrifiés et autopsiés le 200e jour. Au cours de l'expérience, le poids des animaux est noté ré­ gulièrement de semaine en semaine. On constate une cachexie croissante chez les témoins et la plupart des animaux du groupe B. Chez (A) et (C), par contre, l’état général reste excellent pen­ dant toute la période de traitement. La tuméfaction ganglionnaire dans la région inguinale est aussi plus tardive que chez les té­ moins. Dès la troisième semaine, tous les animaux inoculés réagis­ sent à la tuberculine (0,1 cc. de tuberculine ancienne de Koch, par voie intradermique). Nous résumons les résultats dans les tableaux suivants : TABLEAU III. Différence roupe Poids moyens au début de à la On de l’expérience l’expérience + 88.6 g. A 819.4 g. 408 g. B 307,2 — 3.4 310,6 C 428.3 - f 92.7 335,6 T 307.5 — 7,5 On constate que les animaux des groupes A et C présentent une augmentation notable du poids moyen, tandis que celui des autres groupes reste stationnaire. Les groupes A et C présentent un maximum de poids vers la fin du traitement. Ce n ’est qu’après arrêt de la médication que le poids moyen a commencé à baisser pour atteindre au bout des 80 jours restants (sans traitement) les chiffres du tableau III. Les résultats auraient peut-être été meil­ leurs si le traitement avait été continué jusqu'à la fin de l'expé­ rience. Durées de vie. Le tableau IV indique qu’au 200e jour la vie moyenne des groupes A et C dépassait de 75 et 81 jours celle du groupe témoin. Avec la substance II (groupe B) on obtient une survie de 50 jours. Le calcul selon H. A. Fisher (6) montre que cet écart sur la lubeKSWbse expérim entale 5 0 7 ne dépasse pas la limite d'erreifrs \ Il s’ensuit que II doit être con­ sidérée comme pratiquement inactive. Il faut dire, toutefois, qu'avec ces moyennes, comprenant la durée de vie d'animaux sacrifiés, les groupes traités A, B cl surtout G sont plus sévèrement j u g é s q u e l e s t é m o i n s . T A B L E A l ' IV . Durée (le vie en jours. Cobayes G roupe A (îro u p e U Groupe G Groupe T N ° 1 2 0 0 * 152 2 0 0 * 1 3 8 170 178 2 0 0 * 3 4 3 ISO 2 0 0 * 2 0 0 * 4 2 0 0 * 117 2 0 0 * 153 5 108 1 0 8 2 0 0 * ()5 134 144 150 112 7 122 2 0 0 * 2 0 0 * 2 0 0 * 8 2 0 0 * 2 0 0 * 150 4 3 182 157 188 107 M o y e n n e S u r v i e ( - d) 75 5 0 81 — • 2 3 .0 4 2 5 .1 4 2 2 ,4 3 "d 1 3 .1 8 1 .9 9 3 ,0 1 * Animaux sacrifiés au 20()<' jour. Il esl intéressant d'examiner la mortalité en fonction du temps dans les périodes pré- et post-médicamenteuses (voir gra­ phique) : Au cours de la période de traitement on enregistre un décès dans le groupe B et 5 décès chez les témoins. Les groupes A et G dont l'état général reste excellent ne perdent aucun animal. Les deux derniers mois de l'expérience (sans traitement) donnent 4 Supposons <jue 2 séries d'observations fournissent tes valeurs : x, x^, — 1 m , — 1 ", ... x et vi v-,... v avec les m ovenues x Aix) et y A'iv). I.'erre u r m . • . - . U - ni | il | q u a d ra tiq u e m oyenne de la différence x—y est définie p ar r.^ = ' • ï 1 moY -f- no où ox et o v rep résen ten t les erreu rs q u ad ra tiq u es m oyennes de mn — — , | m _ , J n _ x et de v, tel que n = A'(x—x)s et n, A iv v)s ■ N m f n = n o m b re •s m | > n | ‘ to tal des m esures. La différence d x — y peut être considérée com m e signi- ticative, c'est-ù-dire in d ép en d an te du liasard lorsque l = est plus grand 'd ou égal à 2,à. A 1 c a I a y , Action de quelques composés N aplitoquinoniques 5 0 8 N om bre Arrêt du d ’anim aux vivants traitem ent encore 2 décès pour les témoins, quatre pour le groupe A, cinq décès pour B et deux décès seulement pour Il reste à la fin de l'expérience un certain nombre de survivants répartis comme suit : Groupe A : 4 cobayes sur 8 B : 2 C : 6 » T : 1 » Ces chiffres démontrent une activité nette des substances I et IV. L’effet protecteur des substances I (et II) semble coïncider avec la période de traitement. La substance IV, par contre, confère une certaine résistance, même après ce délai. Résultats d ’autopsies. Les autopsies ont été faites à mesure qu'un animal succom­ bait, donc à des époques très différentes. Or. la dissémination des lésions est en général d'autant plus grande que l'animal vil plus longtemps. Il en résulte que le critère anatomo-pathologique sera plus sévère pour nos cobayes traités que pour les témoins à vie plus courte. C’est peut-être la raison pour laquelle il n'a pas été possible de constater des différences plus nettes entre le groupe A et les témoins. Le groupe C, toutefois, se distingue nette­ ment. sur la tuberculose cxpérim enlale r.ov» (lroii[>cs A et B : Dans l'ensemble, les animaux de ces groupes présentent des lésions qui ressemblent à celles des témoins : forte tuméfaction des ganglions inguinaux, iliaques, péri-portaux et trachéo-bronchiques, avec caséification plus ou moins étendue. Le foie et la rate, augmentés de volume, présentent des lésions caséeuses, mais moins nombreuses et moins confluentes pour le groupe A. Les poumons sont tous porteurs de nombreux tuber­ cules gris blanchfdre à centre plus ou moins ramolli. Groupe C : Dans cette série on observe parfois une énorme tuméfaction ganglionnaire, dépassant dans certains cas celle des témoins. Mais, fait important, la caséification est moins avancée. On compte, en effet, un certain nombre d'animaux à ganglions péri-portaux et trachéo-bronchiques fibreux non caséifiés. D'au­ tres ganglions partiellement caséifiés sont également entourés d une gaine fibreuse. Le foie et la rate présentent des lésions beaucoup moins nombreuses, et chez 4 animaux on observe même des organes macroscopiquement intacts. P ar contre, tous les co­ bayes ont les poumons atteints. Mais ici. également, les tubercules sont moins nombreux et plus petits que chez les témoins. Histologie. Tous les animaux ont été examinés, ('.liez les cobayes traités — séries A et surtout G — l'étendue des lésions est beaucoup plus réduite que chez les cobayes témoins. Le caractère des lésions — de la lésion tuberculeuse plus spécialement — est modi­ fié. Si l’on prend, par exemple, la rate, on voit chez les témoins des tubercules dont le centre est caséifié par places, il y a des cellules géantes de Langhans, et à la périphérie des cellules épi­ thélioïdes et une couronne de cellules lymphocytaires. L'image du tubercule du cobaye traité G et dans une certaine mesure A se limite à la couronne lymphocytaire et aux cellules épithélio­ ïdes. Les cellules géantes de Langhans manquent, mais il y a, par places, des cellules é deux ou trois noyaux analogues à ceux des cellules épithélioïdes : ces cellules géantes ressemblent un peu aux cellules de Sternberg. A la place de caséification on voit quelques noyaux pycnotktues et de rares polynucléaires. A l'im­ mersion il y a cependant quelques rares bacilles de Koch longs et granulaires. Les tubercules n'ont pas de tendance à la confluence Ils sont souvent cicatrisés et les organes paraissent supporter ces éléments sans grand dommage. Dans le poumon des témoins on observe de larges foyers de A I c ¡1 ! ¡1 y , At lion tic quelques compost's N ’apliloquinoiliqucs 5 10 broncho-pneumonie tuberculeuse. Les séries A et C forment des tubercules atypiques — sans caséification — bien tolérés. Les ganglions lymphatiques de ces mêmes séries ne sont que partielle­ ment détruits et s’entourent d une coque fibreuse, ce que les té­ moins ne parviennent pas fi faire. Du foie qui présente les mêmes lésions que les autres parenchymes, on peut encore dire qu’il Fig. I. Raie tic Cobaye traité C 5. Nodule tuberculeux sans caséification, sans cellules géantes, constitué au centre de cellules épithélioïdes. Hématoxyline- éosine, 120 X- Fig. ■ '!. Cobaye traité C 2, poumon. Nodule tuberculeux com prenant uniquem ent des cellules épithélioïdes cl une Fig. 2. Raie du cobaye témoin T l . couronne lym phocytaire, sans I.arge nécrose caséeuse du p a re n ­ caséification ni cellules gé­ chym e splénique. Hémaloxvline- antes de Ltmghnns. Ilém.- éosine. 120 X . éosine. 120 X- ' X OE I ■««¡so? -■in.» J I 'SB.U.UIBd II P 0 ||>0j | - ; I s.i.»i i i> o j i o i m u u i 8 | j m u o i | X Oôl - c j | | ! j u i o p i s d l u i;| >|» o s i n u n i u s o o - 'u i . i ] i 'o j j o q d u . i d i:| b o g s is ip is - o p s u o i p u o j a p s e d « a u •l|)!O I|d u iA | IISSII >)'| 'lll|I IA t| \ l l . ) . l l | | | H 'DSI MASK.) O) IIO J II.» |li|J O ll iis s ü li|> J tid o a u p l m a j |s.» i i o i | 8 ii b 8 -i.io d onI»|iBi|diuA "i ii o | | 8 u k ;) u p o j j u o a o '] ‘ 11 : i .1 o d - 1.1 11 o n i» !|i!i|d u i.< | ■ i J , IU0U13I a A iît|0 ’ j • / C i./ l l ( ) ||8 lli:r) •()•) 3 |I B J | OABf(O') ■ < ) 7 ¡I./ ‘X Oôl ‘ainsoo -■ m on f '<'¡.■1 ooAU 'J-.) •* s a n liid - ajiï » xn,»|ii.»jj<|ii| s .)|n p o ii no ‘X O r.l ‘oiiisoo- iiioij a t |o u a 8 ii|d a un p n o i|iu i lit: x n .ii *OJIB|OOA|B-BJ| Il I OloBI|.UOIll,)l| |.» 0.11 B| II.» •o|;»s’ jo .» s o i|u io ji|i iibossu: \ "ï ; ) -SBA 0S8 JS ‘osn|i!p .» siio |ii.)jo < |ii| .»|nomn o u d oiibji a.ÎBqoo op iioum o(| o ß i . / -o t|o u o jj| ' ç x iijomoi ap uouiiio,! J 7»/./ o |B H i.;u n j.» d x o o s o |ii .» j .i i |i i | B| j u s H Ç A I c a l a y , Action de quelques composés N ap hto q u in o n i q u es r» 12 /•'(';/. S. Cobaye traité C 6. Foie, n o ­ dules tuberculeux atypiques sans caséification et sans cellules gé­ antes, Hém.-éosine 120 X - montre une dégénérescence graisseuse plus marquée chez le traité que chez le témoin. En résumé, on peut dire que le traitement, avec la substance IV spécialement, semble donner à l'organisme le moyen de se défendre efficacement, et particulièrement d’empêcher la caséi­ fication et les lésions confluentes qui en découlent. La survie des animaux traités par rapport aux témoins, chiffre qui est notre principal critère d'appréciation, permet de conclure à une activité tuherculoslalique in vivo de deux com­ posés naphtoquinoniques examinés. Les variations de poids, les autopsies, les examens histologiques, confirment ces résultats et permettent de classer nos produits par ordre d’activité (décrois­ sante) : 1" 2-oxy-3-p-sulfamidophényI-azo-Naphtoquinone (subst. IV. groupe G). 2° 2-oxy-3-Chloro-Naphtoquinone (subst. I. groupe A). 3° 2-diméthylamino-3-ChIoro-naphtoquinone (subst.lt, gr. B) : in­ active ou peu active. Ainsi, les subst. I et R', quoique inférieures dans le test in vitro, se sont montrées in vivo supérieures à la substance II. sur la tuberculose expérim entale 5 1 3 Tuberculose intru-oculuire de l<ij>iu (rapport préliminaire). a) Essai préventif. 2 lapins reçoivent dans la chambre antérieure de l’œil gauche 0,2 cc. d'une suspension de bacilles tuberculeux bovins (souche « Vallée »), titrant 4-0 éléments par champs. Alors qu'un des lapins est gardé comme témoin, l’autre esl soumis, dès le premier jour après inoculation, au traitement suivant : 1° 3-4 instillations par jour sur l’œil d ’une solution à 1 % du sel sodique de la 2-oxy-3-chloro-naphtoquinone (subst. I). 2" Une injection sous-conjonctivale de la même solution (0.2 cc.) tous les trois jours (anesthésie préalable à la Diocaïne). 3" Une injection sous-cutanée quotidienne de 4 cc. de la même solution à 1 %. Toutes les trois semaines, ces injections sont interrompues pendant une semaine. On arrête tout traitement après 90 jours. 40 jours après inoculation, le témoin fait une brusque in­ flammation tuberculeuse de l'iris. L’animal traité est resté sain définitivement (examen une année après inoculation). b) Essai curatif. Le témoin de l'essai précédent fut soumis dès le premier jour de sa maladie au traitement décrit dans l'essai préventif. Il n'a pas été possible d'arrêter la marche de l'infection. On assiste suc­ cessivement à la formation de tubercules de plus en plus nom­ breux sur l'iris. La cornée s’ulcère à son tour et la chambre an ­ térieure s'emplit d'un pus qui bientôt se fraie un chemin à travers de nombreuses fistules. Ce processus a duré environ quatre mois, après quoi l'œil complètement tuméfié fut enlevé pour examen histologique (anesthésie à l'éther). A la coupe, on rencontre de nombreux bacilles anormalement longs, granulaires, et apparem­ ment modifiés. Discussion. L'activité tuberculoslatique in vivo de la 2-oxy-3-chIoro- naphtoquinone (1) peut être interprétée principalement par son pouvoir baclériostatique. Il faut toutefois envisager aussi une ac lion biochimique de celte substance sur l'hôte, telle que parlici palion à certains processus oxydo-réducteurs, stimulation ou in ­ hibition de fonctions enzymatiques, etc., effets pouvant se tra ­ duire par une résistance accrue de l’organisme. Meunier, Mentzer et Buu-Hoï (7) ont constaté que I provoque une légère augmen­ tation du temps de prothrombine et ils considèrent la 2-oxy-3 5 1 4 A l c a l a y , Action de quelques composés N aphloquinoniqucs chloro-naphtoquinone comme une antivitamine K. Cependant, le corps I ne semble pas pouvoir jouer le rôle d’antivilamine chez les bacilles acido-résistants (1) qui sont riches en facteur K ; aussi faut-il chercher ailleurs le mécanisme chimiothérapeutique de notre substance. Signalons que Sclwnhôfer (8) a relevé l'importance des niveaux d'oxydation quinoniques pour l’action antimalarique des dérivés de la quinoléine. Une étude systématique de composés quinoniques ne serait donc point dépourvue d'intérêt. La substance IV, nettement active à 20 mg. p ar jour, est à la fois une naphtoquinone et un dérivé azolque sulfamidé. Elle est de ce fait apparentée aux Prontosils. Notons que K. Birkhaug (14) obtint avec seulement 5-25 mg. de Prontosil sol. p ar jour une ac­ tion remarquable chez le cobaye tuberculeux. Créé y et coll. (15) n’ont pu confirmer ce résultat, sans doute à cause de conditions expérimentales inadéquates (infection massive et traitement aux doses toxiques). Trefouël, Nitti et Bovet (16) ont montré dès 1935 que les azoïques sulfamidés subissent une réduction dans l’organisme avec formation de sulfanilamide qui constitue le noyau actif du médicament. Dans noire cas, la transformation se déroulerait se­ lon le schéma suivant : 20 mg. de substance IV donnent ainsi au maximum 9,5 mg. de sulfanilamide A' par jour. Or d’après Rich et Fol lis, confirmés par d’autres auteurs (9), il en faudrait 200-300 mg. au moins pour inhiber l’évolution tuberculeuse chez le cobaye. D'autres sulfami­ dés (p. ex. Sulfathiazol, 12) et sulfones telles que Promine (11), Diasone (12) et Promisole (13) — corps comptant parmi les plus actifs connus — n ’agissent également qu’à doses massives. L'ac­ tivité du corps IV ne peut donc être interprétée exclusivement par la libération in vivo de sulfanilamide selon le schéma indiqué. D'autres facteurs propres au colorant doivent donc inter­ venir, et à cet égard, les travaux de Levuditi et coll. nous pa­ raissent particulièrement intéressants. sur la tuberculose expérim entale Cet auteur a montré (17) que les Prontosils s'accumulent électivement dans les loyers inflammatoires et dans le système réticulo-endothélial. C’est là qu'ils subissent la réduction en sul­ fanilamide. Les azoïques sulfamidés agissent de la sorte comme véhicule de la substance active, réalisant ainsi un contact particulièrement intime avec l'agent infectieux. Ces faits expliquent qu'à doses équimoléculaires certains de ces azoïques sont plus efficaces dans la streptococcie de la souris que la sulfanilamide dont ils dé­ rivent (18). 11 faut attribuer à un mécanisme analogue l'activité des azo- sulfamidés dans la tuberculose expérimentale : De Witt (19), Lewis (20), etc., ont montré que d'autres colo­ rants azoïques. tels que le Bleu et le Rouge de Trypan. possèdent l'aptitude de pénétrer profondément à l'intérieur du tubercule, propriété qui permit à Bowman, Winternil: et Evans (21) de suivre l’histogénèse du follicule tuberculeux. 11 est fort probable que les azoïques sulfamidés se comportent de la même façon (17). Le tubercule étant par ailleurs le siège d’une forte activité réduc­ trice (19. 22), on conçoit qu'il pourrait y avoir naissance de sulfanilamide au sein même de la lésion tuberculeuse. Il en ré­ sulterait une action plus efficace sur le bacille de Koch dont la sensibilité in vitro est démontrée (23). La substance engendrée à côté de la sulfanilamide dans la réduction de l’azoïque peut également avoir son importance. Dans notre cas il se formerait la 2-oxy-3-amino-naphloquinone VI qui constitue avec son leucodérivé VII un système oxydo-réducteur réversible. La substance 1 montre que des composés de ce type peuvent avoir à eux seuls des propriétés tuberculostatiques, d'où la possibilité d'effets svnergétiques. En effet, dans le cas de la substance IV’, trois corps pourraient agir simultanément : a) la sulfanilamide, b) la 2-oxy-3-amino-naphloquinone VI et c) le colorant IV non transformé. En variant la constitution de ce dernier, nous espérons augmenter son affinité pour les tissus tuberculeux d ’une part, et l'action bactériostatique de ses consti­ tuants d'autre part. C'est dans ce sens que nos recherches sont poursuivies. Résumé. 1° La toxicité d'une série de naphtoquinones a été étudiée dans ses rapports avec la constitution chimique. 2" L ’activité chimiolhérapeutique de trois composés naphto- 51(1 A le. a l a y . Action tie quelques composés N aphtoquinoniques quinoniques a eie examinee dans l'infection Uiherculeu.se experi- mentale. Zusammenfassung. Der Autor untersuchte die Toxicität einer Reihe von N'aphlo- chinonen in Beziehung zu deren chemischen Konstitution sowie die chemotherapeutische Wirkung von 3 Präparaten auf die ex­ perimentelle Tuberkulose. S u m m a r y . T h e t o x i c i t y o f a s e r i e s o f n a p h t h o q u i n o n e s in r e l a t i o n to t h e i r c h e m i c a l c o n s t i t u t i o n w a s s t u d i e d . T h e c h e m o t h e r a p e u t i c a c t i o n o f t h r e e o f t h e m a g a i n s t e x p e r i m e n t a l t u b e r c u l o s i s w a s i n v e s t i g a t e d . R i a s s u n t o . L 'a u t o r e h a s t u d i a t o la t o s s i c i t à d i u n a s e r i e d i n a f 't o - c h i n o n i in r a p p o r t o c o n l a c o s t i t u z i o n e c h i m i c a e l ’e f f i c a c i a c h e m i o - t e r a p i c a d i 3 p r e p a r a t i s u l l a t u h e r c u l o s i s p e r i m e n t a l e . B i b l i o g r a p h i e . I. W. Alcalay, Selnv. Z. Pathol. linkt., 10, 229 (1947). — 2. It. I ■ Anderson cl coll., J. Biol. Cliem. 101, 773 (1933) ; J. Am. Chcm. Soc. 58, 636 (1936). — 3. II.M o lito r et II. S. R obinson, Proc. Soc. exp. Biol. Med. A3, 125 (1940). — 4, K. F rom herz, Z. V itaininforschg. I I. 65 (1941). — 5. L. F. Fieser, J. Am. Cliem. Soc. AG, 1858 (1924) ; 56, 1568 (1934) ; 57. 491 (1935). 6. It. A. Fisher. 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Journal

PathobiologyKarger

Published: Jan 1, 1947

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