Land grabbing and global capitalist accumulation: key features in Latin AmericaBorras, Saturnino
M.; Kay, Cristóbal; Gómez, Sergio; Wilkinson, John
doi: 10.1080/02255189.2012.745394pmid: N/A
We introduce this special issue by explaining seven characteristics of land grabbing in Latin America. These features are not unique to the region. By highlighting them – arguing, for instance, that a key aspect in Latin America is intra-regional land grabbing driven by (trans)Latina companies – we hope to inspire new cross-regional comparisons to understand the dynamics of “global” land grabbing. Our focus on Latin America challenges some problematic generalisations in the literature, for instance, that land grabs occur mainly in fragile states. We interrogate the relationship between land grabbing and the “foreignisation” narrative, and the need to revisit the broader question of land concentration. Thus we build upon the literature locating land grabs and the land question within the political economy of global capitalism. Cette introduction au numéro spécial présente sept caractéristiques de l'accaparement des terres en Amérique latine, caractéristiques qui ne sont pas propres à la région. En les mettant en lumière, notamment en soutenant qu'en Amérique latine le phénomène, impulsé par des compagnies latino-américaine, est avant tout intra-régional, nous espérons susciter de nouvelles comparaisons inter-régionales afin de mieux comprendre les dynamiques mondiales de l'accaparement de terres. L'accent mis sur Amérique latine permet de remettre en question des généralisations auxquelles s'adonnent de nombreux écrits, comme par exemple que l'accaparement se produit principalement dans les états fragiles. Nous examinons les liens établis entre l'accaparement de terres et la main mise étrangère pour montrer la nécessité de réévaluer la question élargie de la concentration de terres. Les articles du numéro situent l'accaparement des terres dans le cadre de l’économie politique du capitalisme mondial.
Concentration and foreign ownership of land in Brazil in the context of global land grabbingWilkinson, John; Reydon, Bastiaan; Di Sabbato, Alberto
doi: 10.1080/02255189.2012.746651pmid: N/A
This article analyses land concentration in Brazil and the changing patterns of land acquisitions predominantly through foreign investments. First we compare census data from 1996 and 2006 and identify an acceleration of land concentration. We then show the limitations of the official registry data for capturing the phenomenon of “foreignisation”, and complement this with an analysis of data from the Central Bank, which provide for some general conclusions. Our research into journalistic and business literature confirms and complements these findings. We discuss the historical context of land concentration in Brazil, highlighting its progressive institutionalisation through juridical and regulatory control of foreign access to land. The transformations underway are driven by changes in the market dynamics of key agricultural and forestry commodities, for the analysis of which we develop a typology of capital. Cet article analyse la concentration foncière au Brésil et les changements dans les modes d'acquisition de la terre résultant principalement des investissements étrangers. Notre comparaison des données des recensements de 1996 et 2006 indique d'abord une accélération de la concentration foncière. Puis, nous montrons les limites des données du registre foncier officiel pour cerner le phénomène de la main mise étrangère alors que les données de la Banque centrale permettent de tirer des conclusions sur les grandes tendances. Un examen des écrits journalistiques et d'affaires confirme et complète ces résultats. Nous traitons enfin du contexte historique de la concentration foncière brésilienne pour faire ressortir son institutionnalisation progressive à travers l'adoption de mesures juridiques et règlementaires de contrôle de l'accès à la terre. Les transformations en cours sont stimulées par les changements dans la dynamique des marchés des principaux produits agricoles et forestiers. Pour conclure, nous proposons une typologie des formes d'investissement à l'oeuvre.
Concentration and “foreignisation” of land in BoliviaUrioste, Miguel
doi: 10.1080/02255189.2012.743878pmid: N/A
This article examines Bolivian agriculture and the recent changes in this sector in the department of Santa Cruz, including the functioning of regional land markets, the legal insecurity of property owners, environmental impacts, transnational initiatives and the institutional weakness of the state in the registration of land transfers. It also examines the history of the concentration of land in the hands of foreign citizens, particularly Brazilians, as part of the rapid expansion of soybean cultivation since 1993 and, more recently, in ranching. Cet article se penche sur la situation de l'agriculture en Bolivie et sur les changements récents qui sont survenus dans le département de Santa Cruz. Il porte plus particulièrement sur le fonctionnement des marchés fonciers régionaux, sur l'insécurité juridique des propriétaires, sur les impacts environnementaux, sur les initiatives transnationales et sur la faiblesse institutionnelle de l’état dans l'enregistrement des cessions foncières. Enfin, il présente un historique de la concentration de terres dans des mains étrangères, brésiliennes en particulier, en lien avec l'expansion rapide de la culture de soja depuis 1993 et celle plus récente de l’élevage.
Paraguay and the expansion of Brazilian and Argentinian agribusiness frontiersGaleano, Luis
A.
doi: 10.1080/02255189.2012.744301pmid: N/A
Over three decades, land concentration and “foreignisation” in Paraguay has accelerated the modernisation of agricultural production, affecting the ability of peasant and indigenous groups engaged in food-crop-oriented, family farming to maintain and gain access to land. This exclusion is most striking in areas where foreign investment is concentrated. Difficulties harmonising peasant family farming and the larger-scale capitalist agriculture have resulted in more disputes and conflicts. Foreign investment is led by Brazilian and Argentinian interests, but the Southern Cone, as a regionalised agricultural export platform, attracts private investment from other countries. Brazil's government is not yet a direct investor, but it provides significant technical support for the land deals and the production systems. Depuis trois décennies au Paraguay, la concentration de la propriété de la terre et son passage dans des mains étrangères ont accéléré la modernisation de la production agricole et, du coup, limité la capacité des paysans et des indigènes exerçant une agriculture familiale centrée sur la production alimentaire de conserver leurs terres ou d'avoir accès à la terre. Cette exclusion est plus frappante dans les régions où sont concentrés les investissements étrangers. La difficile cohabitation entre les exploitations agricoles familiales et l'agriculture capitaliste à grande échelle provoque de plus en plus de conflits. Les investissements étrangers sont principalement le fait d'intérêts brésiliens et argentins, mais le Cône sud en tant que plateforme régionale d'exportation agricole attire également des investissements d'autres pays. Le gouvernement brésilien n'agit pas encore en tant qu'investisseur direct, mais il fournit aux investisseurs un soutien technique significatif en matière de transactions foncières et de systèmes de production.
Land grabbing: concentration and “foreignisation” of land in UruguayPiñeiro, Diego
E.
doi: 10.1080/02255189.2012.746216pmid: N/A
This article presents extensive data on land purchases and leases in Uruguay in 2000–2010, and complements it with information from interviews with leaders and officials. The evidence points to an acute process of land concentration and “foreignisation” in Uruguay. This process, however, meets only a few of the criteria for “land grab”, in the narrow definition of the term, suggesting that the definition should be widened to include what is taking place in Uruguay. Neither the political system nor broader society has paid sufficient attention to these processes. This is perhaps because the recent surge in economic growth and social wellbeing mask their long-term consequences. Cet article présente un important ensemble de données pour la période de 2000 à 2010 sur l'acquisition de par achat ou par bail foncier terres en Uruguay. Ces données sont complétées par des informations issues d'entretiens auprès des d'acteurs des partis politiques, des syndicates agricoles et des associations industrielles. L'analyse montre qu'un processus de concentration foncière et de main mise étrangère sur les terres est en cours dans le pays. Toutefois, ce processus correspond mal à certains critères qui définissent habituellement l'accaparement des terres. Cette observation nous invite à réviser cette définition pour tenir compte de ce qui se passe en Uruguay, soit qu'une part de l'accaparement vise le marché de la pulpe et qu'il ne repose pas sur des investissements provenant de gouvernements étrangers. Ni les autorités politiques ni plus largement la société n'y ont accordé suffisamment d'attention, ce qui est probablement dû à la poussée récente de la croissance économique et de l'amélioration du bien-être social qui occultent les conséquences à long terme du processus de concentration foncière et de main mise étrangère.
Land concentration and foreign land ownership in Argentina in the context of global land grabbingMurmis, Miguel; Murmis, Maria
R.
doi: 10.1080/02255189.2012.745395pmid: N/A
This analysis of the role and dynamic of land concentration and foreign land ownership in Argentina describes the scale of concentration in the agricultural sector, focusing on large domestic firms, foreign companies and capital, and the possible presence of land grabbing. The examination of large units shows the different forms that access to land may take, the importance of factors other than the size of farm properties and the diversity found among these companies. Our examination of the various characteristics of land grabbing indicates what effects these processes may have both on family farms and on the global food supply. Cette étude de la dynamique de concentration des terres et de la propriété foncière étrangère en Argentine décrit l'ampleur de ces tendances dans le secteur agricole en mettant l'accent sur le rôle des grandes firmes nationales, sur celui des firmes et des capitaux étrangers, ainsi que sur la présence possible d'un phénomène d'accaparement des terres. L'analyse des grands holdings met en lumière les formes variées de l'accès à la terre, l'importance de facteurs autres que la taille des exploitations agricoles ainsi que la diversité des sociétés impliquées dans les changements agricoles en cours. Après examen de la diversité des formes d'accaparement des terres, l'article s'interroge sur les conséquences des dynamiques d'accaparement pour les exploitations familiales et pour l'approvisionnement mondial en produits alimentaires.
Land control-grabbing in Guatemala: the political economy of contemporary agrarian changeAlonso-Fradejas, Alberto
doi: 10.1080/02255189.2012.743455pmid: N/A
Domestic and international capital controlling Guatemala's sugarcane and oil palm industries are deploying a dual investment strategy in the context of global financial, energy, food and environmental crises. They allocate current booming revenues to high-cost, long-term investments and they open and adapt new territories for cultivation. Under a new “extractivist governmentality”, corporate land grabs aim to control land and natural resources as well as land-based wealth and the labour that produces it. Land ownership is being (re)concentrated and social relations reshaped: compensation to dispossessed indigenous peasants for their land is insufficient to boost non-farm livelihoods or to regain access to land. This paper describes efforts to institutionalise and legitimise this project, as well as the ongoing resistance to it. Les capitaux nationaux et internationaux qui contrôlent les industries guatémaltèques de la canne à sucre et de l'huile de palme déploient une double stratégie dans le présent contexte de crise mondiale financière, énergétique, alimentaire et environnementale : ils consacrent leurs bénéfices croissants à des investissements coûteux dans une perspective à long terme et ils ouvrent de nouveaux territoires à la mise en culture. Selon cette nouvelle « gouvernementalité extractive », l'accaparement des terres par les grandes entreprises vise au contrôle du sol, des ressources naturelles, des richesses agricoles ainsi que du travail qui les produit. La propriété foncière est ainsi en voie de re-concentration et les rapports sociaux refaçonnés. Les compensations versées aux paysans indigènes dépossédés de leurs terres sont insuffisantes pour stimuler des revenus non agricoles ou pour leur permettre d'acquérir de nouvelles terres. Cet article décrit les efforts visant à institutionnaliser et à légitimer cette tendance ainsi que la résistance qu'elle suscite.
(Trans)national agribusiness capital and land market dynamics in MexicoRobles Berlanga, Héctor
Manuel
doi: 10.1080/02255189.2012.747429pmid: N/A
This study, carried out in the context of contributing to a better understanding of the global phenomenon of contemporary land grabbing, focuses on the dynamics of Mexico's land market. It examines the dynamics of the circulation of land, distinguishing between agrarian arrangements which alter property rights (inheritance, transfer and sale) from those which affect only land use options such as leasing, sharecropping and lending. Additionally, the study addresses two new areas of land legislation, full ownership and commercial companies, mechanisms that might favour the circulation and concentration of land. Cette étude porte sur la dynamique du marché foncier mexicain dans le but de comprendre le phénomène mondial d'accaparement des terres. Elle examine divers modes de transmission de la terre afin de distinguer entre des opérations qui transforment les droits de propriété telles que l'héritage, le transfert et la vente et celles qui n'affectent que l'utilisation du sol telles que le fermage, le métayage et le prêt. Elle s'intéresse enfin à deux nouveaux domaines de la législation foncière, la pleine propriété et les compagnies commerciales, qui proposent des mécanismes qui pourraient favoriser les changements de propriétaire et la concentration foncière.